Fabriquer des pâtisseries véganes sans diplôme c’est possible ?

Il est vrai que je vois de plus en plus de produits alimentaires destinés aux végétaliens.

Valérie des questions concernant les patisseries VEGAN. Et, si toi aussi tu t’interroges : “Si je remplace le lait par du soja, le beurre par de la margarine, les œufs par du tofu soyeux… Est-ce que ça change la réglementation ? Est-ce que j’évite la notion de pâtisserie fraîche ?

Et tu n’es pas seul : les questions “VEGAN = pas besoin de CAP ?” explosent sur le blog.
Allez, on te débroussaille tout ça simplement… sans te laisser te faire piéger par une crème de soja trop confiante !

Les produits végéraliens nommés Vegan, pâtisseries végétaliennes, pâtisseries végétariennes, Pâtisseries véganes

“Je suis un produit VEGAN”
(c) Les myrtilles et Go Vegan

Valérie souhaite savoir si elle peut préparer et vendre des pâtisseries végétaliennes (sans aucun produit laitier et sans œufs), en sachant qu’elle ne possède aucun diplôme en pâtisserie, ni dans la restauration.

Pâtisseries véganes sont des patisseries fraiches ou sèches ?

Avant de parler de CAP, de diplôme ou d’hygiène, il faut poser LA règle d’or :

La règlementation ne distingue PAS “animal” ou “végétal”.
Elle distingue : stable ou fragile – sec ou humide –  sécurisé ou à risque.

C’est tout.

Et ça, c’est valable pour :

  • les pâtisseries vegan,
  • les pâtisseries sans lactose,
  • celles à base d’ovoproduits pasteurisés,
  • celles aux fruits stabilisés/déshydratés,
  • ou celles remplacées par soja, tofu lacto-fermenté, crème végétale…

Ce qui intéresse l’hygiène alimentaire, c’est :

  • l’humidité du produit,
  • le pH,
  • l’activité de l’eau,
  • le mode de préparation (avant ou après cuisson),
  • la vitesse de prolifération microbienne,
  • la nécessité d’une chaîne du froid.

Les questions que tout le monde se pose… et leurs réponses claires

“Si je remplace beurre, crème et lait par du soja, je peux éviter le CAP pâtissier ?”

Spoiler : non.

Le soja (tofu soyeux, crème végétale, yaourt de soja, crème lacto-fermentée…) est <strong”>un produit frais, humide, hautement transformable, et microbiologiquement instable.

Donc si tu l’ajoutes après cuisson ou qu’il sert de garniture/crémeux/crème montée → tu es en pâtisserie fraîche.
Et la pâtisserie fraîche = métier réglementé = CAP pâtissier obligatoire.

Même si c’est 100 % vegan.
Même si c’est sans lactose.
Même si c’est “healthy”.
Même si c’est vendu comme “alternative”.

“Et les œufs ? Si je prends des ovoproduits pasteurisés, est-ce que ça change la catégorie ?”

Non plus.

Les ovoproduits sont plus sûrs (pasteurisés), mais ils restent :

  • humides,
  • fragiles,
  • sensibles,
  • et nécessitent une conservation stricte.

Donc si c’est intégré dans une crème, une mousse, une garniture… tu restes dans la pâtisserie fraîche.

“Et si j’utilise des fruits stabilisés / confits / déshydratés ?”

Ahhh, là… nuance !

✔ Fruits confits

Très sucrés → activité de l’eau faible → stables → OK pour pâtisserie de conservation.

✔ Fruits déshydratés

Idem → pas d’humidité ajoutée, donc OK.

✔ Fruits pasteurisés / stérilisés

Selon leur texture :

  • en purée humide → pâtisserie fraîche
  • en morceaux peu humides → possible de rester en pâtisserie de conservation
    … mais au cas par cas (car tout dépend si tu ré-humidifies ton produit).

❌ Fruits frais, compotée fraîche, purée humide non stérile

Pâtisserie fraîche, même si vegan.

“Donc une pâtisserie VEGAN peut être… fraîche ?”

Absolument.

Et c’est même fréquent, car beaucoup de pâtisseries vegan reposent sur :

  • tofu soyeux,
  • crème de coco,
  • lait végétal,
  • purées de fruits,
  • crème soja,
  • yaourt végétal…

Ces ingrédients sont instables, humides, périssables.
Ils exigent une conservation au froid.
Ils sont considérés comme n’importe quel produit frais.

Donc… ça ne permet PAS d’éviter la réglementation.

Ce qui définit la pâtisserie de conservation (même en version vegan)

Pour être une pâtisserie de conservation, ton produit doit :
        ✔ être cuit,
        ✔ ne plus contenir d’ingrédient humide ajouté après cuisson,
        ✔ pouvoir être conservé sans froid,
        ✔ avoir une activité de l’eau basse,
        ✔ ne pas contenir de crème / mousse / garniture fraîche.

Exemples vegan qui passent :

  • cookies vegan
  • cake au citron sans glaçage humide
  • brownies sans ganache
  • biscuits secs
  • banana bread sans crème

Exemples vegan qui ne passent PAS :

  • cheesecake vegan au tofu soyeux
  • tarte aux fruits frais
  • mousse chocolat aquafaba
  • entremets vegan crème-soja
  • layer cake avec crème végétale

Donc… diplôme ou pas diplôme ?

Voici la règle ultra simple :

        ✔ Si ta pâtisserie est fraîche → CAP pâtissier obligatoire

Peu importe : vegan / sans lactose / soja / ovoproduits / fruits stabilisés.
Ce qui compte, c’est sa fragilité microbiologique.

        ✔ Si ta pâtisserie est de conservation → pas de CAP

Mais formation hygiène HACCP recommandée (et obligatoire si tu vends professionnellement).

Conclusion : Vegan ne rime pas avec “zéro règle”

La réglementation ne regarde ni la morale, ni les choix alimentaires, ni le type de produit.
Elle regarde le risque sanitaire.

Tu peux donc faire de la pâtisserie vegan sans CAP… mais uniquement si elle est de conservation.

Dès que ça devient crémeux, humide, sensible…
Tu rentres dans la même case réglementaire que les pâtisseries traditionnelles.

Tu veux une checklist “Ma pâtisserie est-elle fraîche ou de conservation ?” pour ne plus jamais te tromper ?
Je peux te créer une version PDF prête à imprimer pour ton atelier >>>

À vous de jouer 😉

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13 commentaires... Laissez-le votre ^

  • Bonjour les végévores,

    je lis vos commentaire, je peux répondre a vos questions. Je suis justement en train d’ouvrir un salon de thé végétalien; dans mes démarches j’ai donc été amener a me poser les même question que vous tous.

    Le diplôme de pâtissier est obligatoire pour la préparation de met sucré et semi sucré dans le cadre d’un vente a emporter ou sur place sans appellation restaurant (sachant que le dessert a l’assiette nécessite quand même une formation cuisinier par l’un des membres de l’établissement). D’ailleurs, pour immatriculer son entreprise ou pour devenir auto-entrepreneur il faut fournir le diplôme CAP pâtissier et avoir participer au stage préalable à l’installation ainsi qu’avoir participer a la formation hygiène en milieu alimentaire HACCP. à savoir que c’est 2 dernier peuvent être réaliser post-installation, il faut fournir le certificat de participation dans les 12 mois qui suivent l’installation (durée indicative en fonction des régions).

    En ce qui concerne le lieu de fabrication. Il faut que cet endroit ai reçu un accord du service sanitaire afin d’être utiliser a des fin professionnelle. Il est donc tout a fait possible de travailler a votre domicile à condition que votre cuisine puisse être référencer “laboratoire pro” “commercial”. Cela est possible si vous êtes propriétaire et que vous effectuer une demande auprès de votre commune et du service vétérinaire. Ou si vous êtes locataire, que votre proprio vous en donne l’accord en amont de celui du services veto ect… Si vous êtes locataire du secteur public (HLM) la demande vous sera malheureusement refusée. Car les bailleurs sociaux n’ont pas vocation à prendre les responsabilité d’une entreprise privée dans un logement social.

    Il existe dans beaucoup de région des association et des services dédié a l’entrepreneuriat. Celle ci mette souvent en oeuvre un système permettant aux futur entrepreneur et entrepreneur comme les traiteur ou autre, de disposer d’une cuisine partagée. Cela veux dire que votre entreprise est domicile à l’association afin que vous puissiez recevoir du courrier et effectuer des démarches administrative et que vous bénéficier contre un services ou un tarifs avantageux (comparer a la location ou l’achat d’un local/labo) d’un lieu agréer HACCP pour la réalisation de vos pâtisserie, plat et autres préparation culinaire.

  • Bonjour, C’est la première fois que je commente ici, mais pour recevoir la newsletter, votre site est génial, merci de toutes ces précieuses infos!

    Ce sujet tombe A PIC! En effet, je suis une jeune pâtissière diplômée ( cap pâtisserie) et surtout je suis végétalienne. Je suis actuellement entrain de rassembler toutes les infos nécessaires à la création de mon entreprise.Je souhaiterai vendre sur les marchés mes petites pâtisseries vegans.

    Mais qui dit pâtisserie dit hygiène, encore et toujours^^
    Pensez vous qu’aménager un laboratoire, au normes, chez soi, dans sa cuisine soit plus facile en vu de faire de la pâtisserie vegan?
    Pour le transport des marchandises ( exemple: un gateau avec glaçage à base de margarine, creme d’amande, lait de riz, lait de soja?) faudra t’il un container spécial?
    Pour vendre les pâtisseries sur le marché, faudra t-il un présentoir réfrigéré?

    Je ne sais pas si vous pourrez répondre à ces questions ( auxquelles je ne trouve pas de réponse).

    Pour répondre à ce post, je pense qu’il est plus prudent d’avoir un diplôme, mais je connais une pâtisserie vegan où la pâtissière à juste une formation en hygiène ( il me semble).
    😉

    • Bonjour, à propos d’hygiène;

      Je suis jamais malade quand je vais manger chez des gens, amis et autres.
      Je suis jamais malade quand je vais manger chez des passionnés de cuisine.
      Et très rarement déçu (et jamais malade) quand j’achète des produits fait au noir…par des particuliers locaux.

      Par contre; bizarre le nombre de maladies liées à l’industrie de la bouffe pourtant ”aux normes de l’hygiène”…que dire de pas mal de rades ‘pilotés par des pros’ dont l’état de leurs cuisines et mêmes de leurs plats laissent franchement à désirer…

      Bref, normes pour protéger les métiers…et empêcher les gens de tourner en rond.
      Le tout sous couvert de sécurité…

    • Salut Veganpo, as-tu des nouvelles concernant tes démarches de créer des pâtisseries végétalienne sans le CAP?

      Ou quelqu’un d’autre?

      Merci d’avance

    • Salut Veganpo,
      Je peux te proposer un lieu où tu pourras commencer à vendres tes pâtisseries une fois par mois (village vegan) pour commencer à tester tes produits. L’emplacement est gratuit, car je vais cesser cette activité.
      Tiens moi au courant au plus vite.
      Olivier

    • (Je pourrai participer avec toi à la première vente pour t’accompagner si tu le souhaites)

    • Bonjour,
      je monte un projet du même type. Avez-vous avancé dans vos démarches ? pourrions nous nous mettre en relation ?

      • Bonjour Cassandra, je réfléchis moi aussi à lancer ce type de projet. Je suis intéressée pour que nous échangions sur nos démarches si tu le souhaites.

    • Bonjour Veganpo,

      Je pense me réorienter vers la pâtisserie après avoir commencer des études dans la traduction et m’être rendue compte que ça n’était pas pour moi. Mon but ultime serait d’ouvrir un salon de thé, et je suis végétalienne, je proposerais donc des pâtisseries vegan. Pour cela je dois faire un CAP Pâtisserie, comme toi, mais du coup je me demandais, ça n’a pas été trop compliqué de faire ce CAP sachant que toutes les réalisations sont “traditionnelles” faites avec des produits d’origine animale ? Le métier de pâtissier nécessite de goûter les desserts que l’on réalise, donc comment as-tu gérer cet écart ?

      Merci d’avance pour ta réponse 🙂

  • Administrativement parlant (et vous savez que je déteste l’administration), oui, je pense qu’il faudrait avoir un diplôme pour faire de la pâtisserie, quelle qu’elle soit.
    Bon, ça, c’est la réponse “parapluie” : s’il y a un pépin, on est couvert…

    Humainement parlant, pratiquement parlant, sachant que mon diplôme me permet de faire de la pâtisserie, et que je n’en fais pas parce que non seulement ce n’est pas ma tasse de thé (sa fabrication, pas sa dégustation), mais qu’en outre je suis (presque) nul en pâtisserie, … et sachant que je connais des gens qui ne possèdent pas de diplômes les autorisant à pâtisser mais qui fabriquent des gâteaux dix fois plus réussis que les miens, … je me de dis que ce fichu papier (un diplôme) ne sert jamais qu’à “protéger” administrativement parlant, ou juridiquement parlant, la profession.
    Mais ce diplôme ne va pas le moins du monde protéger le consommateur contre la maladresse et l’incompétence du pâtissier théoriquement diplômé mais qui travaille comme un pied…

    Un jour que je disais en d’autres lieux que je pensais que les diplômes ne servaient pas nécessairement à grand chose, et que l’expérience valait – à mon sens – tous les diplômes du monde, un interlocuteur m’a fait remarquer que si je devais partir en vacances en autocar, je préférerais certainement partir avec, au volant, un chauffeur qui a le permis, qu’un chauffeur qui conduit, même depuis vingt ans, sans permis…
    Ha oui ?
    Il se fait que je possède un permis D (autocar) depuis vingt-huit ou vingt-neuf ans (+/- 1985-1986, me rappelle plus, et il est dans ma voiture : je n’irai pas le chercher pour vérifier la date). J’ai donc un papier officiel me disant que j’ai les capacités légales pour conduire un autocar. En théorie. Sauf que – excepté pour passer l’examen vers le milieu des années quatre-vingts – je n’ai plus jamais conduit un autocar par la suite ! Vous préféreriez que ce soit moi qui conduise votre autocar, sachant que ça fait plus d’un quart de siècle que je n’en ai plus conduit ?
    Bizarre, le gars ne m’a pas répondu…

    Bref, Valérie n’est peut-être pas diplômée en cuisine ou en pâtisserie, mais peut-être (sûrement) que ses gâteaux seront meilleurs que les miens, parce que c’est sa passion … malheureusement, légalement, administrativement, elle ne peut vraisemblablement pas en vendre…

    Pour terminer, une simple phrase : rappelez-vous que ce sont des amateurs qui ont construit l’arche de Noé, et des professionnels qui ont construit le Titanic !
    “Amateur”, du latin “amare” = aimer ! “Amateur” = quelqu’un qui aime ce qu’il fait, et généralement, il le fait bien !
    Bonne nuit, tout le monde… 😉

    • Bonjour Eric,
      J’ADORE ton argumentaire…merci Eric de nous avoir partagé ton point de vu !
      Comme quoi, moi qui n’aie pas de diplôme en web (HTML, CSS, PHP, base de données), je trouve que je m’en tire très bien avec mon blog et site de formation 😉
      Et j’approuve que généralement les autoditactes travaillent bien mieux que les pro… car la passion ça n’a pas de prix.

    • J’aime cette réponse très pertinente 😉 pour moi c’est ce qui est fait AVEC LE COEUR qui est le meilleur ! Ce diplôme nous l’avons tous encore faut-il le RESSENTIR ! 🙂