Foudroyé par une toxi-infection alimentaire collective, comment la déclarer ?

Vous souvenez-vous de ces histoires ?

Une jeune adolescente de 14 ans, en janvier 2011, décide, accompagnée de son petit copain de manger un sandwich dans un restaurant rapide.

Plusieurs autres personnes et des membres du personnel ont été malades suite à la consommation de sandwich dans cette même journée.

Mais, le plus terrible dans cette histoire, c’est que cette jeune fille est décédée 1 jour plus tard. Tout cela pour vous dire de la violence de cette toxi-infection alimentaire !

Outre les conséquences dramatiques pour la famille et l’entourage de la jeune victime, cet évènement porte une sérieuse atteinte à l’image du restaurant qui a servi ces sandwichs.

 

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© Dan Race – Fotolia.com

 

Encore une autre histoire, en mars 2011, où une adolescente de 16 ans est décédée à l’hôpital, suite à une intoxication alimentaire qui pourrait être liée à la prise d’un repas dans un kebab.

Le kebab est alors fermé le jour même par la DGCCRF. Il est d’ailleurs toujours fermé !

 

Foyer de TIAC

Il faut savoir, qu’un foyer de TIAC est défini par la survenue d’au moins 2 cas groupés, d’une symptomatologie similaire, en général digestive, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.

Les TIAC peuvent concerner aussi bien la restauration collective (y compris des établissements sanitaires et en particulier les maisons de retraite) que la cuisine familiale (les repas prises en famille ou la restauration commerciale).

Elles sont dues à la contamination d’un aliment, responsable de l’apport au niveau du tractus digestif d’un germe entéro-invasif (bactérie mais aussi virus) ou d’une toxine (bactérienne ou plus rarement sécrétée par une moisissure).

Je pense que là, je ne vous apprends rien !

Alors, voyons un peu ce qu’il faut faire en cas de suspicion de maladie due à une infection alimentaire, contractée chez un prestataire.

Chez vous ou dans la famille, c’est de votre faute. Il va falloir assumer.

 

Conduite à tenir en cas de suspicion de TIAC

Diagnostic

Quand vous vous rendez compte que vous avez au moins un de ces symptômes cités ci-dessous alors vous devez faire rapidement une déclaration à la DASS.

Symptômes à rechercher :

  • Diarrhée aiguë (à distinguer des diarrhées chroniques) : rythme, aspect, sang ou glaire dans les selles : une diarrhée sanglante suggère une infection par un germe invasif (syndrome dysentérique) (Salmonelle, Typhimurium, Campylotrope, E coli entérohémorragique) ; Une diarrhée aqueuse évoque une toxine (mécanisme sécrétoire de la diarrhée) (syndrome cholériforme).
  • Vomissements et nausées (L’intensité des vomissements peut faire obstacle à la réhydratation par voie orale et nécessiter l’hospitalisation)
  • Douleurs abdominales
  • Céphalées
  • Signes de déshydratation

 

Déclaration

Faire une déclaration rapidement par téléphone à la DDASS (médecin inspecteur), même le week-end.

Les TIAC nosocomiales doivent être déclarées également dans le cadre du signalement obligatoire de certaines infections nosocomiales.

Faire conserver à +4°C les restes de repas et matières premières utilisées afin de permettre la recherche des germes.

 

Examens complémentaires

Selon le germe soupçonné une coproculture peut être demandée surtout si diarrhée est prolongée.

La recherche  dans les aliments est de la responsabilité exclusive de la DDASS ou des services vétérinaires et doit être effectuée dans un laboratoire agréé.

 

Investigation d’une TIAC

Enquête exploratoire

Cette phase a pour objectif de confirmer ou non la nature épidémique du phénomène signalé, de définir la période épidémique et la population touchée et d’émettre une ou plusieurs hypothèses quant au véhicule en cause dans la transmission.

On réalise l’analyse de la distribution des cas dans le temps, dans l’espace (taux d’attaque par département par exemple) s’il ne s’agit pas que d’un seul foyer, et selon les personnes atteintes (taux d’attaque selon l’age par exemple).

Un questionnaire alimentaire détaillé est rempli pour certains malades afin d’identifier un ou plusieurs aliments communs ou lieux d’achat ou de consommation communs. La connaissance du germe en cause et de son sérotype peut aussi orienter vers un type d’aliment.

 

Enquête cas-témoins

Elle est conduite si la nature épidémique est confirmée afin de mettre en évidence le ou les véhicules de la transmission, la source de contamination et d’éventuels facteurs de risque.

Pour chaque cas, au moins un témoin non malade est sélectionné dans la population de survenue de l’épidémie de cas avec appariement sur l’age et le lieu de résidence.

Normalement cette sélection est aléatoire. Si un témoin sélectionné a eu pendant la période incriminée une symptomatologie digestive (épisode diarrhéique..) il est bien sûr récusé.

Un questionnaire tenant compte des enseignements de l’enquête préliminaire est appliqué aux cas et témoins. On calculera pour les différents aliments un Odds-Ratio.

 

Enquête vétérinaire

Elle est conduite par les services vétérinaires avec inspection des établissements incriminés et avec réalisation de prélèvements alimentaires et de l’environnement.

 

Investigations microbiologiques

Il est possible  dans certains cas de faire réaliser un typage plus précis des souches isolées afin de mettre en évidence la responsabilité de la même souche dans l’épisode épidémique.

Ouf… le gouvernement ne travaille pas pour rien.

Qu’est-ce que vous en pensez ?

PS : Vous souhaitez faire une dénonciation, voici une lettre type à re-envoyer auprès de la DDPP pour dénoncer une entreprise ayant un manque d’hygiène significatif.

 

 

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