Pourquoi vous pouvez mourir d’une toxi-infection en mangeant 1 steak haché et pas moi !

C’est l’histoire de Marguerite, une belle vache.

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« Je suis ici ! La deuxième…. 😉 »

Son éleveur dit d’elle.

« Elle nous a déjà rendu de loyaux services en produisant environ 30 litres de lait par jour, soit pour Marguerite un record de 10 950 litres par an. »

Notre marguerite a maintenant 9 ans, même si elle peut vivre jusqu’à 15 ans, elle va « partir » pour l’abattoir dans la région Parisienne.

 

Quand Marguerite débarquera dans le hall de l’abattoir, elle va passer par la réception des animaux où elle sera contrôlée et identifiée par un l’employé. Cette identification, grâce aux médailles dans ses oreilles, permet dès maintenant d’établir la traçabilité de Marguerite.

Ensuite, votre bonne vieille et fidèle vache va être dirigée vers un piège. Elle sera bloquée dans ce piège rotatif. Il va alors faire passer les pattes de Marguerite en l’air. Et ceci sans aucun estourbie préalable….

Là, dans une agitation certainequel animal se laisserai faire… même nous on se défend !!  qu’un employé l’égorge.

 

Bon, il faut comprendre que le sacrificateur au bout de 6 heures d’égorgement (où il a du égorger environ 60 bêtes par heure pour respecter la cadence imposée par l’appelle insensé de vos estomacs), commence à se fatiguer. Et biensur, Marguerite ne lui facilite pas la tâche…. Car qu’est-ce qu’elle bouge.

Et là, par mégarde, il lui coupe, en plus des veines jugulaires, la trachée.

Après ce loupé, l’empoyé peut voir ce que Marguerite avait dans son estomac…. Rien à par les sucs gastriques… Et ces sucs sont maintenant sur la plaie, sur la tête et au sol du cadavre de Marguerite.

 

Or, Margueritte, comme tous les autres animaux à sang chaud (et nous aussi d’ailleurs), a de nombreuses bactéries dans son estomac. Et biensur, Marguerite est porteuse saine de la bactérie E. coli (pathogène et non pathogène) comme pour nous tous aussi (pour certaine forme d’E. coli qui sont non pathogène).

Bref, cette bactérie se retrouve maintenant dans sa plaie et sur sa tête.

 

On pourrait penser que le dirigeant de l’abattoir donne des directives pour ne pas utiliser ces parties de viande, qui sont devenu impropre à la consommation.

Mais, malgré les scandales sanitaires qui ont défrayés la chronique en juin dernier (2011), il décide d’utiliser ces parties, comme si de rien n’était !!!

Bref… Le cadavre de Marguerite est alors maintenant découpée…

 

Toujours pour respecter la cadence, et personnellement, je n’ai jamais vu un boucher de l’abattoir arrêter la ligne pour laver son couteau… quand il l’a malencontreusement touché les parties contaminées par le contenu de l’estomac de la bête.

 

Les parties nobles sont précieusement emballées et envoyées à la consommation.

À ce stade, si vous achetez un bon steak de notre vache, il y aura surement des bactéries d’E. coli à la surface… mais avec la cuisson de la viande, ceci permettra de les tuer…même si vous mangez votre viande saignante !

 

Pour les autres parties moins nobles, elles seront transformées !

C’est-à-dire, qu’elles seront hachées… mélangeant minusieusement et parfaitement les bactéries pathogènes et petits morceaux de viande ensemble.

Du coup, ce steak haché est devenu une bombe à retardement, transportant avec lui des germes qui n’ont pas attendu de vous voir pour déjà se nourrir et se multiplier !

Ils font la fête, là !!

Si, ensuite, vous les cuisez « à point » votre steack haché. Alors, la cuisson n’a pas été suffisante au cœur du steack haché pour tuer tous les germes.

Et parmi ces germes, il y a des germes pathogènes dont 1 qui peut être très très méchant !

 

Comment s’il prend t-il pour cela ?

Et bien, les Escherichia coli sont capables de produire des toxines spécifiques : les shigatoxines (ou vérotoxines) surtout l’E. coli O157:H7.

Ces bactéries sont « vicieuses » car généralement, elles s’attaquent qu’aux enfants âgés de moins de 15 ans. Et, dans les cas les plus sévères, ce sont généralement de très jeunes enfants (entre 1 mois et 3 ans).

Elles entrainent donc des infections qui peuvent parfois entraîner une maladie rare mais très grave (le syndrome hémolytique et urémique). C’est une insuffisance rénale aigüe.

 

Cette maladie se manifeste d’abord par de la diarrhée souvent avec du sang, des douleurs abdominales et parfois des vomissements qui évoluent, après une semaine environ, vers un syndrome hémolytique et urémique.

L’enfant présentera alors des signes de grande fatigue, de pâleur, une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées, et parfois des convulsions.

Bref, s’il ne meure pas, il aura des séquelles à vie sur ses reins.

Du coup, connaissant cet état de cause, le gouvernement impose des pratiques d’hygiène et des contrôles draconiens !

D’ailleurs, il est imposé aux établissements qui produisent des steaks hachés, généralement du congelé, des contrôles libératoires.

C’est-à-dire que les lots sont bloqués jusqu’à l’obtention du résultat de l’analyse sur les germes pathogènes que pourraient contenir les lots.

 

Pour ce qui concerne la production de steaks hachés frais, une réflexion est engagée pour permettre un premier tri, avant la mise sur le marché. Un protocole est en cours de mise au point afin de permettre l’obtention d’un résultat fortement présomptif dans un délai de 24h, et la possibilité de mise en place de contrôles libératoires aussi pour la production réfrigérée.

 

D’où, aussi, les campagnes sur l’importance de bien faire cuire son steak haché à une température de 70°C  jusqu’au cœur de la viande, comme le préconise l’ANSES.

Voilà, l’histoire de Marguerite… et surtout aux risques liés à l’abattage des animaux, lors d’égorgement sans étourdissement.

Qu’est-ce que vous en avez pensé ?

 

Crédit photos : © Fotolia.com

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4 commentaires

  • Je ne suis pas très fan de vos propos. Vous dites  » Marguerite est porteuse saine de la bactérie E. coli comme pour nous tous aussi ! »
    Pas tout à fait, Marguerite peut être porteur sain de E. coli entérohéorragique dont des E. coli producteurs de shigatoxines et je ne crois pas que cela soit le cas pour nous.
    Vous auriez pu aussi indiquer que la cuisson à coeur des steaks hachés peut être obtenue, comme l’indique l’Anses, à une température à cœur de 70°C des steaks hachés.
    Cordialement

    • Bonjour Amgar,

      Je suis tout à fait d’accord avec vos propos. Il est vrai que dans l’article, je n’ai pas précisé de quelle souche je parlais, ni pour les vaches (boeufs), ni pour nous. J’aurai du le préciser.

      Il en est de même pour la cuisson à coeur à 70°C. Je l’ai donc rajouté dans l’article.

      Merci pour vos remarques constructifs 😉

      Vrine

  • Bonjour,

    Comme j’ai pu l’exprimer sur la Liste-Hygiène, il n’est pas bon, mais logique et trop facile, de reporter la responsabilité d’une filière sur le consommateur final en lui faisant manger alors des produits, trop cuits et sans intérêt gustatif.

    Et en l’absence de volonté de la filière, la solution pour continuer à manger des steacks tartare ou des steaks hachés bleus est de les faire soi-même en choisissant ses morceaux chez un bon boucher et en les moulinant soi-même !

    Amicalement,
    Bernard.

    • Bonjour Bernard,

      Effetivement, c’est trop facile de reporter la responsabilité d’une filière sur le consommateur. Cet article se veut alertant pour la filière (car il ne prend pas ces responsabilité, ce qui est scandaleux) comme pour le consommateur (il vaut mieux le savoir et prévenir que guérir).

      C’est vrai que certain restaurant le font… enfin, je pense et je le souhaite 😉

      Bien amicalement,
      Vrine