Un moyen sûr pour la traçabilité des viandes

Mais auparavant, permettez-moi de vous raconter une histoire de raviolis !

Dans le film d’Étienne Chatiliez : La vie est un long fleuve tranquille, on entend les enfants dirent : «Lundi, c’est ravioli !».

Ca fait très Italien n’est-ce pas.

Et pourtant, personne n’est capable de dire d’où vient exactement la viande. En tout cas pas d’Italie c’est sûre.

D’ailleurs, après l’affaire de la viande de cheval dans les lasagnes (ouff, ils ont eu chaud les enfants !), on évite de se poser ce genre de question.

Et bien, sachez que l’union européenne a pensé à éclaircir cette affaire de provenance des viandes. Mais avant,

il faut savoir qu’actuellement, la traçabilité se fait :

  • quand l’animal est vivant chez le ou les producteurs. Pour les bovins uniquement, les animaux sont suivis à la trace dans le moindre de leur mouvement à partir de leur naissance jusqu’à leur mort grâce à de  «jolies étiquettes» agrafées au niveau de l’oreille et portant un numéro unique.
  • quand l’animal est abattu :
    • chez l’abatteur
    • puis chez le ou les transformateurs.

Bref, il y a une perte d’informations entre les producteurs et les abattoirs pour le consommateur final.

Une bonne traçabilité paie. En 2015, il y aura-t-il une marque en plus ? (c) Bioporc

Une bonne traçabilité paie. En 2015, il y aura-t-il une marque en plus ?
(c) Bioporc

 

L’origine des viandes autres que celles bovines

Du coup, les consommateurs ne savent pas réellement d’où proviennent les viandes, du moins pour les autres types de viande que les bovins.

Il est vrai que sur les barquettes de viande bovine, nous pouvons voir « origine française ». C’est devenu obligatoire quand il y a eu la crise de la vache folle.

Du coup, le gouvernement européen a trouvé cela tellement intéressant qu’il souhaite maintenant étendre cette obligation à l’ensemble des animaux, donc les porcins, les caprins et les volailles.

 

Né en France – Engraissé en Italie = Quelle origine ?

Mais, la chose risque d’être un peu plus ardue. En effet, qui n’a jamais entendu dire que les animaux d’origine française sont « engraissés » en Italie.

Moi-même dans l’émission : L’amour est dans le pré, j’ai entendu un agriculteur qui disait que ses veaux naissaient au sein de son exploitation, puis qu’ils partaient en Italie pour finir d’être engraissés, et ensuite ils y étaient abattus pour finir dans des raviolis. Du veau dans des raviolis… je trouve cela tellement dommage ! Mais ça c’est mon point de vue.

Revenons à nos moutons, pardon à notre traçabilité !

Comme je le disais, la chose n’est donc pas être évidente pour le consommateur. Je vous lance le défi de me dire où est élevé le mouton ou le porc que vous consommez ?!? Vous le savez-vous ? Moi, non !!

 

Merci à l’Union Européenne pour cette réglementation

Mais, heureusement, il y a l’Europe maintenant !

Ils ont donc pensé à réglementer tout ça.

Nous allons enfin savoir où ont vécu nos poulets, canards, cochons…

Mais ça ne va pas être si évident que cela, car il y a toujours des cas particuliers.

Je reprends ici textuellement la réglementation n°1337/2013 concernant l’indication du pays d’origine ou du lieu de provenance des viandes.

Voici :

  1. Sur les étiquettes destinées au consommateur final, on doit pouvoir retrouver les informations suivantes :
  • Lieu de l’élevage : le nom de l’état où il sera noté « pays d’élevage : …. ». Il faudra alors que les critères suivants soient remplis :
    • Pour les porcins :
      • Si l’animal est âgé de plus de 6 mois quand il est abattu, alors on notera le nom du pays où il a été élevé durant au moins 4 mois ;
      • Si l’animal est âgé de moins de 6 mois et qu’il pèse au moins 80 kg quand il est abattu, alors on notera le nom du pays où l’animal a atteint un poids de 30kg ;
      • Si l’animal est âgé de moins de 6 mois et a moins de 80 kg, alors on notera le nom du pays où l’animal a été entièrement élevé.
    • Pour les ovins et les caprins :
      • Le nom du pays dans lequel où l’animal a été élevé au moins 6 mois
      • S’il est âgé de moins de 6 mois lors de l’abattage alors c’est le nom du pays dans lequel a eu lieu la période d’élevage entière qui sera prise en compte.
      • Pays d’abattage Le nom de l’état ou pays où aura lieu l’abattage de l’animal

Ok, là on commence à avoir mal à la tête…attendez la suite 😉

Si l’animal ne se retrouve pas dans une des catégories énoncées dans le point 1), alors il faudra noter :

« Pays d’élevage : ici on précisera l’ensemble des pays où l’animal a été élevé ».

Mais si la viande est importée il sera simplement notifié « Pays d’élevage : différents pays hors UE ».

Bon, il existera des dérogations pour les viandes hachées et les chutes de parages (vous savez les petits morceaux de viandes obtenus au moment du désossage des carcasses et/ou de la découpe des viandes).

Bref…sachez qu’à partir du 1er avril 2015 vous saurez dorénavant les séjours que votre viande aura réalisés dans les pays de l’UE. Ça risque de faire une étiquette à rallonge tout ça !

PS : et ça ne sera pas un poisson d’avril 😉

 

 Source : RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) N° 1337/2013 concernant l’indication du pays d’origine ou du lieu de provenance des viandes fraîches, réfrigérées et congelées des animaux des espèces porcine, ovine, caprine et des volailles.

 

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2 commentaires

  • Moi, oui, je sais d’où vient le porc et la vache que je mange car je me fournis directement auprès des producteurs locaux. Les filières courtes = meilleure garantie possible pour la traçabilité des animaux, la confiance et le tissu économique et agricole local. MANGEZ LOCAL !!!

    • Salut Lisa,
      Effectivement, c’est le seul moyen. Pour l’instant !
      Je dois t’avouer que je fais pareil ici en Lozère 😉 Je me fournis auprès de l’AMAPP du Gévaudan.
      Par contre, c’est dommage qu’ils n’y ait pas plus de produits comme les légumes et fruits… Nous, on les fait venir du Languedoc, la région juste à côté.
      A+