Ah, le fameux PMS… Ce dossier qui fait souvent grincer des dents dans les cuisines !
Combien de fois ai-je entendu : “Encore de la paperasse inutile !“, “Le Gouvernement nous met des bâtons dans les roues“, “J’ai pas le temps pour ça, moi j’ai un resto à faire tourner !“
Je comprends cette frustration. Vraiment.
Quand on est débordé entre les commandes, la gestion du personnel, les fournisseurs et les clients, ajouter de la documentation administrative peut sembler être la goutte d’eau de trop.

Image credit: ostill
Mais… et si je vous disais que ce “bout de paperasse” pourrait bien vous sauver la mise un jour ?
Laissez-moi vous raconter pourquoi le PMS est loin d’être un simple outil bureaucratique. C’est en réalité votre meilleur allié professionnel.
Le PMS : votre bouclier de protection à trois niveaux
1. Protection de vos clients (et de leur santé)
Commençons par l’essentiel : la sécurité alimentaire n’est pas une option, c’est une responsabilité.
Les intoxications alimentaires, ça existe. Et non, ça n’arrive pas qu’aux autres. Chaque année en France, des milliers de personnes sont touchées par des toxi-infections alimentaires. Dans les cas graves, cela peut même conduire à des hospitalisations, voire pire.
Personne ne veut ça. Surtout pas vous.
Le PMS vous aide à identifier les moments critiques où les dangers peuvent survenir dans votre cuisine : une rupture de chaîne du froid, une contamination croisée entre aliments crus et cuits, un produit périmé qui passe inaperçu… Autant de risques que vous pouvez maîtriser avec les bonnes procédures.
2. Protection de votre établissement (et de votre réputation)
Imaginez la scène : un client tombe malade après avoir mangé chez vous. Même si ce n’est pas forcément de votre faute, le mal est fait. À l’ère des réseaux sociaux et des avis Google, une seule mauvaise expérience peut se propager comme une traînée de poudre.
Maintenant, ajoutons une inspection de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) qui tombe un jour où vous êtes débordé. Pas de PMS à présenter ? Aucune trace de vos contrôles de température ? Pas de plan de nettoyage formalisé ?
Les conséquences peuvent être sévères :
- Mise en demeure avec obligation de mise aux normes,
- Fermeture administrative temporaire (imaginez l’impact financier !),
- Amendes pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros,
- Voire poursuites judiciaires dans les cas graves.
Avec un PMS bien tenu, vous démontrez votre professionnalisme et votre maîtrise du sujet. C’est votre preuve que vous prenez votre métier au sérieux et que vous faites tout pour garantir la sécurité de vos clients.
3. Protection de vous-même (et de votre sérénité)
Au-delà de l’aspect réglementaire, le PMS est un outil de gestion quotidienne qui vous facilite la vie :
✓ Il structure votre activité : plus besoin de tout avoir en tête, tout est écrit noir sur blanc,
✓ Il responsabilise vos équipes : chacun sait ce qu’il doit faire et quand,
✓ Il vous fait gagner du temps : les procédures sont claires, pas besoin de réexpliquer 50 fois,
✓ Il vous protège juridiquement : en cas de litige, vous avez des preuves de votre bonne foi,
✓ Il améliore votre organisation : identifier les points critiques vous aide à optimiser vos process.
Mais concrètement, qu’est-ce qu’il y a dans ce PMS ?
Un Plan de Maîtrise Sanitaire, ce n’est pas un roman de 500 pages ! C’est un dossier structuré autour de trois piliers essentiels :
1. Les Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH)
Tout ce qui concerne vos pratiques quotidiennes : hygiène du personnel, nettoyage et désinfection, lutte contre les nuisibles, maintenance des équipements, maîtrise des températures, contrôles à réception…
C’est votre socle de base, vos pré-requis pour travailler proprement.
2. Le plan HACCP
Votre analyse des dangers et des points critiques. C’est là que vous identifiez précisément où les risques peuvent survenir dans vos processus de fabrication et comment vous les maîtrisez.
Pour les petits établissements (moins de 1000 repas/semaine ou moins de 5 personnes), bonne nouvelle : vous pouvez bénéficier de mesures simplifiées !
3. La traçabilité et la gestion des non-conformités
Savoir d’où viennent vos produits, où ils vont, et que faire quand quelque chose ne va pas. C’est votre filet de sécurité en cas de problème.
Pour en savoir plus sur chacun de ces éléments, consultez mon article détaillé sur la composition complète d’un PMS.
Qui est concerné par cette obligation ?
Tous les établissements manipulant des denrées alimentaires, qu’ils soient soumis ou non à agrément sanitaire.
Cela concerne :
- Les restaurants traditionnels et gastronomiques
- Les restaurants rapides et food trucks
- Les traiteurs
- Les boulangeries-pâtisseries avec salon de thé
- Les commerces alimentaires avec transformation
- La restauration collective (cantines, ehpad…)
- Les producteurs qui transforment et vendent leurs produits
Bref, si vous manipulez, transformez ou servez des aliments, vous êtes concerné.
Comment réaliser votre PMS sans vous arracher les cheveux ?
Je ne vais pas vous mentir : constituer son premier PMS demande du temps et de la réflexion. Mais une fois en place, il devient un outil du quotidien que vous utilisez naturellement.
Voici ma méthode en 6 étapes :
Étape 1 : Formez-vous (ou formez au moins une personne de votre équipe) Une formation HACCP est obligatoire et vous donnera les bases essentielles.
Étape 2 : Commencez par l’état des lieux Faites le tour de votre établissement : quels sont vos équipements ? Vos processus ? Vos fournisseurs ? Prenez des notes.
Étape 3 : Rédigez vos procédures Partez du concret : comment nettoyez-vous votre cuisine actuellement ? Écrivez-le simplement. Idem pour tous vos process.
Étape 4 : Mettez en place les enregistrements Créez des fiches de suivi simples (températures, nettoyage, traçabilité). Privilégiez la simplicité : mieux vaut un relevé simple mais fait quotidiennement qu’un tableau complexe que personne ne remplit.
Étape 5 : Impliquez vos équipes Un PMS qui reste dans un tiroir ne sert à rien. Expliquez à votre équipe pourquoi c’est important et comment l’utiliser au quotidien.
Étape 6 : Faites vivre votre PMS Revoyez-le régulièrement (au moins une fois par an), mettez-le à jour quand vous changez quelque chose, et surtout : UTILISEZ-LE !
Pour aller plus loin, je vous ai préparé un guide complet avec la liste détaillée de tous les documents à constituer. Vous le trouverez dans mon article sur la composition du PMS.
Mon conseil le plus important ?
Arrêtez de voir le PMS comme une contrainte. Voyez-le comme un investissement pour votre entreprise.
Un établissement qui maîtrise son hygiène alimentaire, c’est :
- Moins de pertes (meilleure gestion des stocks et des DLC),
- Moins de risques (donc moins de stress !),
- Plus de confiance de la part des clients,
- Une meilleure image professionnelle,
- Des équipes mieux formées et plus responsables=;
Le PMS n’est pas là pour vous “embêter” (même si parfois ça peut y ressembler !). Il est là pour vous aider à exercer votre métier dans les meilleures conditions de sécurité.
Alors, prêt à passer à l’action ?
Si vous vous sentez encore un peu perdu, c’est normal. La première fois, tout le monde galère un peu. Mais je suis là pour vous accompagner !
Et si vous avez des questions spécifiques sur votre situation, les commentaires sont ouverts 😊
Rappelez-vous : un bon PMS, c’est un PMS adapté à VOTRE réalité, à VOTRE établissement, à VOTRE activité. Pas un dossier pompeux que vous avez téléchargé et qui ne correspond à rien de ce que vous faites vraiment.
Soyez authentique, soyez réaliste, et surtout : soyez régulier dans vos pratiques.
Votre future sérénité (et celle de vos clients) vous remerciera ! 💪

Bonjour,
Concernant le PMS , peut on en être exonéré si on posséde et applique le GBPH?
Concernant le nouvel arrêté d’octobre 2013, je voyais plutôt comme denrées trés périssables la 4éme gamme à conserver à 4°c ( carottes rapées en sachet ou barquettes de salade de carottes rapées ) et en périssable les fruits ou légumes brut à conserver à 8°c sauf fruits qui tournent vite ( fraises, …)
Mention spéciale à la banane qui ne se conserve pas au froid sinon elle noircit!
Qu’en pensez vous?
Cordialement.
Emmanuel BARNET
Bonjour Emmanuel,
Concernant le PMS, vous n’êtes pas exonéré d’en posséder un même si vous appliquez le GBPH.
Le PMS est obligatoire car il est spécifique à votre établissement. Le GBPH est spécifique à un secteur d’activité (comme la restauration commerciale ou la stérilisation…). Or dans la restauration commerciale, nous pouvons trouver de la restauration rapide, des produits très frais (sushis…), les camions-bars… Ils ont tous des spécificités qui leur sont propres.
Concernant le nouvel arrêté d’octobre 2013, je suis d’accord avec votre analyse. Dans tous les cas, ils sont à consommer rapidement.
Bonne année à vous 😉