Interview#27- L’entreprenariat n’est plus ce qu’il était !

logoNouvelle interview aujourd’hui…

Je suis heureuse de vous présenter le food-truck « Le Bœuf Bourguignon » de Richard.

Il a lancé son activité le 13 Juin 2014. Il est tout jeune, Richard, dans ce métier…

Oh pardon !

Je vous dévoile tout !!

 

Je laisse donc la place à M. Lauriaut.

Bonjour !

Je suis Richard Lauriaut, entrepreneur depuis l’âge de 19 ans, j’ai goûté à diverses activités mais pas encore à la restauration jusqu’au jour où la crise que nous connaissons m’a propulsé vers une nouvelle recherche, un nouveau métier.

Selon moi, le meilleur boulot est celui auquel on pense sans se stresser, celui pour lequel on se lève le matin en sifflotant, celui qui apporte plus de joie que de peine… C’est vrai, c’est facile à dire…

C’est pourquoi, j’estime que quand on créé son emploi autant valoriser ses intérêts, ce sera plus agréable et le travail sera sans doute mieux fait !

 

Du fait maison dans son food-truck

Rien que du fait maison, la preuve !
(c) 2014 – Richard Lauriat

Séverine Canon : Comment as-tu débuté dans la restauration rapide ? Et pourquoi ?

Sans activité depuis juillet 2013 et bien sûr sans aide aucune. En effet, Pôle Emploi ne verse rien aux indépendants !

Bref, il m’était impossible de rester sans rien faire. J’ai donc lancé une analyse des besoins des consommateurs et de mes centres d’intérêts.

Ce que j’aime par dessus tout c’est l’autonomie, la liberté, la cuisine et la gestion d’entreprise. Voilà ce qui résume mes centres d’intérêts actuels.

Le résultat de ces 2 études est la création de mon food-truck, car il représente l’entreprise qui correspond à mon cahier des charges !

 

Très belle analyse…

Combien de temps t’as-t-il fallu pour arriver là où tu en es aujourd’hui ? Et que dirais-tu aux membres du blog qui sont aujourd’hui découragés ?

Il a fallu onze mois pour développer le projet, en sachant que j’ai construis ma propre remorque en adéquation avec les normes de la DREAL (Ministère des Transports).

Je dois dire que c’est ma quatrième entreprise, je ne crains pas les difficultés incontournables liées à la création d’entreprise.

Concernant ceux qui sont découragés dans l’avancement de leur projet, je conseille de ne pas trop écouter les instances administratives qui se targuent de vous aider à monter un dossier, à faire avancer votre future entreprise. En fait, je pense qu’ils font cela depuis trop longtemps pour la plupart et ne sont pas au goût du jour. Leur raisonnement est cloisonné par les deux revues qu’ils lisent dans le mois. Certes, je suis assez sévère mais bon nombre d’entre vous m’approuveront sans nul doute sur ce point.

Le mieux à mon avis est de vous rapprocher d’un entrepreneur « chevronné » qui saura vous accorder un peu de temps. Le temps suffisant pour être efficace face aux démarches complexes et parfois redondantes voire incroyablement inutiles !

Notre pays ne nous aide pas lorsqu’il s’agit de créer une structure et de futurs emplois, c’est comme ça.

Néanmoins, ce défi est incroyablement intéressant et vous valorisera tôt ou tard.

 

Tu t’y connais en entreprenariat ! Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui se lance dans la restauration commerciale de type rapide ?


Ce domaine précis est très concurrentiel. Toutefois, comme beaucoup d’autres activités professionnelles, il est facile de se démarquer ! C’est d’ ailleurs impératif !

Mobile ou sédentaire, je crois que le lieu ou les emplacements sont le premier critère. Bien entendu, évitez le conflit avec un établissement déjà en place trop près de vous. Commencer avec un procès est particulièrement à craindre : tout doit être pensé à l’avance pour un démarrage fulgurant et réussi 😉

Le second sera déterminé par l’offre que vous proposez.

 

Selon ton expérience, quelle est la meilleure méthode pour réussir dans ce domaine ?


Des produits qui correspondent à la demande, c’est-à-dire de grande qualité.

Puis, un rapport à l’humain doit être très présent. On a depuis de trop nombreuses années voulu écarter l’humain pour optimiser, rentabiliser, développer et gagner encore plus. A ce jour, l’humain compte moins que la super machine qui fait tout sans rechigner, malgré ses pannes. Nos clients ne sont pas des machines, mais des personnes qui ont peut-être été confrontées à des difficultés d’ordre humain. Ils ont droit à la plus grande considération, ils ne sont pas des porte-monnaie sur pattes !

Le food-truck "Le boeuf Bourguignon"

« Moi dans mon food-truck »
(c) 2014 – Richard Lauriat

Bref, la relation-client en restauration rapide est justement brève mais quelle chance de partager pleinement sur de courts instants. En plus, des relations durables se créent avec notre clientèle.

 

Oui, je suis d’accord avec toi. La relation-client est ce qui passe avant tout.

Au fait, quelle a été la plus grande erreur que tu as commise quand tu as commencé dans la restauration rapide ?


Sans doute de ne pas avoir « répété » suffisamment les gestes nécessaires en cuisine, j’ai été maladroit la première semaine (car je cuisine devant les clients) et m’en suis voulu même si ce n’était que risible, sans incident !

La maîtrise de la caisse enregistreuse doit également être parfaite, la première fois qu’on m’a demandé de diviser une note, j’ai perdu un temps fou ! Jamais bon pour les autres clients qui attendent…

 

Et avec le recul, qu’aurais-tu aimé savoir absolument quand tu as commencé ?

Le prix du ticket moyen par personne, je suis parti sur une estimation bien évidemment mais c’est vraiment aléatoire et cela est pourtant crucial lorsqu’on s’attaque au fameux bilan provisionnel.

 

Quels sont les éléments clés que tu cherches en priorité quand tu cuisines ?


Toutes les matières premières (de grande qualité) doivent être émincées, égouttées, découpées, bref, prêtes !

Les ustensiles sont bien sûr à portée de main, comme des instruments de musique (je me considère sur scène devant un public avec une partition culinaire sur un air de cuissons, assemblages et humour aussi !).

Ainsi, l’optimisation des gestes et la régularité des produits finis détermine la qualité du service, c’est immuable.

 

Quelle est l’approche/technique la plus efficace pour réussir ?

Se demander si son projet est véritablement en phase avec la demande ou si c’est seulement son égo qui a décidé de faire un coup d’éclat.

Régulièrement se remettre en question et ne pas partir dans tous les sens, surtout si on écoute trop de monde autour de soi : seuls des restaurateurs savent parler du monde de la restauration (le banquier, le comptable ou le commercial en nappes n’ont pas la même vision que vous et sont surtout intéressés par vos futures recettes).

 

Et pour finir, as-tu un message que tu aimerais faire passer ?

J’en ai déjà un peu parlé, il n’y a pas de procédure pour cela si ce n’est d’être cool, c’est le respect de l’être humain, la relation privilégiée que j’ai avec chaque client, le petit mot sympa qui fait rire toute la file d’attente, c’est quand même plus agréable ?!!

 

Je tiens à te remercier sincèrement pour le temps que tu as pris pour répondre à ces questions.

Je suis personnellement impressionnée. En effet, en plus de faire 2 services, Richard conçoit aussi des food-trucks, camions ou remorques dans les règles de l’art (réglementation et efficacité au travail). Voyez ici son propre food-truck, celui qu’il a lui-même fabriqué… « Le Bœuf Bourguignon ».

Food-truck : Le Boeuf Bourguignon

Oui, c’est bien Richard qui a fabriqué ce food-truck ! Il est magnifique !!
(c)2014 Richard

Comme l’a dit Richard dans son interview, c’est un camion qu’il utilise et ceci 2 fois par jour… donc il sait de quoi il parle. D’ailleurs, il me précise que : « Il n’y a aucune place pour l’erreur d’implantation car à la fin de la journée c’est la tendinite ou mal aux pieds assurés ! »

En tout cas, sachez que Richard est à la « disposition de toutes celles et ceux qui sont en « difficulté » dans leurs projets » ou qui souhaitent concevoir un food-truck.

Vous pouvez donc le retrouver au 1423, route de Dracé, 71680 Crêches sur Saône pour son siège social ou vous pouvez visualiser ses emplacements sur Facebook (le Boeuf Bourguignon) ou sur Twitter  😉 soit pour manger soit pour « mitonner » le projet d’un food-truck.

 

 

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4 commentaires

  • Bonjour Séverine,

    Belle interview de votre part et ce monsieur a beaucoup de talents variés.

    J’ai beaucoup apprécié la lecture et la faculté qu’a Richard pour comprendre son environnement et en particulier cerner le problème actuel des entrepreneurs -le manque de compréhension de la part d’autorités administratives censées être là pour faire avancer votre projet.

    Effectivement, entre leur manque de compétences concrètes (ils/elles sont salariés et souvent n’ont jamais rien fait d’autre, donc ne comprennent que par la théorie, et encore ‘ils la connaissent, le monde de l’entreprise, je pense surtout au fait de faire avec et s’adapter aux aléas, quelque chose qui les fait en général hurler) et l’autoritarisme dont ils abusent pour mieux asseoir leur rôle et cacher leur manque de compétences, ils vaut mieux, comme le conseille Richard trouver « un entrepreneur chevronné ».

    J’ai bien aimé son analyse:  » Leur raisonnement est cloisonné par les deux revues qu’ils lisent dans le mois », car oui, « cloisonné » c’est un verbe bien trouvé pour les écueils qu’on peut rencontrer si naïvement on pense pouvoir s’appuyer sur eux et surtout si on les écoute. Et l’image des 2 revues par mois et rien d’autre est parlante.

    Je vous souhaite plein de belles interviews aussi concrètement utiles Séverine et beaucoup de succès à Richard 🙂

    ….(écrit des centaines de km trop loin pour aller se restaurer chez lui, mais qui sait…)

  • Bonjour

    Un grand merci un Richard pour nous avoir partagé avec nous son expérience et surtout nous donner de précieux conseils. Richard semble très généreux et authentique. Je pense qu’il s’est lancé dans cette expérience avec beaucoup de respect vis à vis de lui et de son métier et ses clients auxquels il accorde une grande importance. Pour cela, je le respecte et l’encourage de ne jamais changer.

    Bonne chance

    Ada