De bonnes nouvelles pour les personnes qui sont pâtissiers
Vous souhaitez proposer de la pâtisserie fraîche dans votre restaurant alors que personne n’est pâtissier, est-ce que vous en avez le droit ?
Vaste sujet mais qui mérite qu’on s’y attarde un peu.

(c) NouvelObservateur
Pâtissiers : un métier réglementé
Vous savez qu’il existe des métiers réglementés en France. ET justement, le métier de pâtissier l’est.
Pourquoi ?
Parce qu’il prépare ou fabrique de produits frais de pâtisserie. D’autres métiers sont réglementés. C’est d’ailleurs le cas, pour les métiers suivants : boulanger, boucher, charcutier, poissonnier et glacier. Par conséquent, pour tous ces métiers, le CAP est une obligation.
Mais dans la réglementation, une différence se fait dans la pâtisserie dite fraiche et la pâtisserie sèche (dite de conservation).
Le mot “frais” a toute son importance car c’est lui qui détermine si le métier est un métier réglementé ou pas. (Attention, le métier de cuisinier dans les restaurants ne sont pas règlementés… car leurs produits consommés directement après une cuisson pour les produits les plus sensibles ou alors préparés à la dernière minute).
“Pâtisserie fraîche” VS “Pâtisserie sèche”
Vous allez dire, oui mais des gâteaux tout de même ce n’est pas de la pâtisserie ! 😡
Ah ! Voyons comment faire la distinction entre « produits frais de pâtisserie » et les “produits de conservation“.
Qu’est-ce que la pâtisserie fraiche ?
La GRANDE différence se fait sur l’humidité et la fragilité du produit.
La règlementation ne parle pas de “pâtisserie fraiche” par hasard. Ce sont des préparations humides, composées :
- d’une pâte (dite levée, brisée, feuilletée, sablée, à choux, génoise, etc….) ou d’une meringue,
- + d’un ingrédient fragile ajouté après cuisson comme :
- Crème (dite pâtissière, légère, au beurre, pralinée, fraîche, chantilly, flan, etc.) ;
- Pâte ou crème d’amandes ;
- Fruits frais ou préparations fruitées non stérilisées ;
- Alcools dans une proportion déterminante.
Dès qu’un ingrédient humide rejoint ton gâteau après la cuisson, le produit devient fragile, doit être conservé à +4°C et être consommé dans un délai de 24h (sources : règles d’hygiène et DLC – règlement UE n°1169/2011).
En résumé
Par conséquence, on entre dans le domaine du CAP pâtissier qui est obligatoire. En effet, en manipulant des denrées très sensibles cela demande être qualifié professionnellement.
Et, les autres cas alors…
La pâtisserie de conservation (dite sèche), c’est quoi ?
C’est tout l’inverse : un produit sec, stable, non humide.
On parle de “pâtisserie de conservation” lorsqu’après la cuisson, aucun ingrédient fragile n’est rajouté.
Des exemples :
- cookies,
- cakes,
- génoises nature,
- quatre-quarts,
- brownies sans ganache,
- gâteau au chocolat (sans ganache et/ou sans crème),
- muffins (sans ganache et/ou sans crème),
- choux non garnies,
- biscuits, etc.
Ce qui n’est PAS de la pâtisserie de conservation :
- éclairs, religieuses (crème pâtissière)
- fraisier, framboisier,
- tiramisù,
- tartes aux fruits (pomme, citron, tartes alsaciennes,…)
- muffins aux myrtilles (fruits frais)…
En résumé
Ici, PAS besoin de CAP pâtissier.
Vous pouvez produire et vendre, tant que vous respectez les règles d’hygiène (règlement UE 852/20024 + ton PMS).
Bref, dans les cas énoncés ici, de pâtisserie de conservation ou de pâtisserie sèche, vous n’avez pas besoin de passer ce fameux diplôme de CAP pâtisserie.
Pourquoi une telle différence règlementaire ?
Parce que la pâtisserie fraîche est un terrain de jeu parfait pour :
- les bactéries,
- les toxi-infections,
- la contaminations liées aux ingrédients crus ou faiblement cuits.
Et, décorer un gâteau demande du temps.
Donc du temps hors frigo forcément, ce qui accentue la prolifération des bactéries car on a une rupture de chaîne du froid.
D’autre part, les recettes de pâtisserie fraiche ne sont généralement pas faites à base de produits cuits mais de produits crus ou faiblement cuits qui apportent de l’humidité.
La cuisson des aliments joue un rôle de destruction sur les bactéries et donc avec des produits crus pas de possibilité de “limiter la casse” en cas d’utilisation d’un produit contaminé.
Voilà pourquoi, l’Etat français impose d’avoir une qualification professionnelle (le CAP diplôme de pâtisserie) pour limiter les risques sanitaires.
La pâtisserie de conservation, elle, est cuite, sèche, stable, donc beaucoup moins risquée.
Et vous, vous souhaitez créer quoi ? Des gourmandises sèches pour démarrer ou vous envisagez d’aller vers la pâtisserie fraîche ?Dites-le-moi en commentaire, je peux vous proposer un tableau personnalisé ou un plan de maîtrise “ultra-light” spécial pâtisserie de conservation.


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